Avec le numéro 83, le Courrier de la planète entame une mue pour se rapprocher d'une formule que nous espérons plus diversifiée et plus pédagogique. Pourquoi changer ? D'abord parce que cela fait du bien !... Même si le CDP jouit d'une bonne réputation et que nous n'avons pas eu de récriminations majeures, une refonte éditoriale oblige à une réflexivité sur notre travail et à rendre plus explicite ce qui n'était qu'implicite.

Désormais, le CDP sera organisé en 3 sections :

La première traitera d'une "question globale". Dans ce numéro, nous abordons ainsi la biodiversité à partir d'une des entrées que nous considérons comme majeure : celle de l'articulation du global et du local, grâce à l'analyse des savoirs naturalistes locaux. Cette section sera, en général, organisée autour d'un long entretien avec un ou plusieurs spécialistes. Ce "grand entretien" sera parsemé d'encadrés et de repères et cherchera à couvrir trois axes (que nous avons toujours empruntés mais que nous rendrons explicites) :

  1. la généalogie de la question globale traitée - parce que nous considérons que l'histoire d'un problème collectif est une approche indispensable de contextualisation et de compréhension ;
  2. nous aborderons ensuite ce que l'on peut appeler un "régime de véridiction", c'est-à-dire le dispositif qui produit les argumentaires et les connaissances utilisés dans les négociations : disciplines scientifiques, courants théoriques, constructions discursives, etc ; enfin,
  3. nous tenterons de présenter le plus précisement possible, les arènes de discussion et les acteurs impliqués dans les négociations ainsi que l'élaboration des positions et des concensus - c'est-à-dire la configuration de l'espace public international concerné.

La deuxième sera un dossier consacré à un thème plus précis de cette même question globale, en général à partir d'un moment de convergence des réflexions (colloque, séminaire, forum, etc.). Par exemple, dans ce numéro, les produits de terroir, comme suite à une conférence internationale sur le sujet organisée à Addis Abeba, Éthiopie (23-26 avril 2007 - EPA, IRD, Iddri, CFEE).

La troisième, enfin, sera une partie plus magazine, ce qui, dans le cas d'une publication trimestrielle est un casse-tête éditorial car nous chercherons à fournir sous la forme de brèves, chronologies, rebonds et prises de position, des éléments qui doivent pouvoir conserver leur intérêt dans le temps. Le prochain numéro (consacré aux pays émergents) donnera une version plus définitive de ce que nous voulons faire dans cette partie.

Malgré cette refonte, notre propos reste indentique : aborder d'un point de vue cosmopolitique les questions globales qui tendent, aujourd'hui, à configurer les contours d'une nouvelle économie politique internationale. Ce point de vue cosmopolitique est une perspective qui n'oppose par le global et le local, l'international et le national, le communautaire et l'universel, la science et les autres formes de savoir, etc., mais au contraire cherche à comprendre comment ils s'articulent, y compris de manière conflictuelle. En ce sens, le point de vue cosmopolitique veut prendre le monde tel qu'il est et tel qu'il évolue, mais en insistant sur le fait qu'un espace public n'est jamais stable et toujours en construction. Cette approche met l'accent sur la dimension de négociation, d'argumentation et de connaissance qui se joue, par-delà le pouvoir et l'intérêt, dans la "gouvernance mondiale".