Savoirs locaux, enjeu global Biodiversité
Savoirs locaux, enjeu global

Enjeu global

La rédaction

Ce n’est que récemment que la question des savoirs locaux a fait irruption dans une enceinte internationale lorsque, en 1996, la Convention sur la diversité biologique (CDB) a mis l’article 8j à l’ordre du jour de ses travaux.

Une irruption inédite et spectaculaire. Inédite, parce que le caractère global des savoirs naturalistes locaux n’allait pas de soi : la conservation et les modes de transmission avaient toujours été gérés localement et, ne faisant l’objet d’aucune revendication, ces savoirs n’étaient pas considérés comme une question de politique nationale et encore moins internationale. Spectaculaire, car, en moins de dix ans, elle a rendu en grande partie caduc le clivage qui s’était cristallisé, dans les années 1980, entre « patrimoine commun de l’humanité » et « souveraineté nationale ».

«la protection de la biodiversité passe aussi par celle de modes de vie indissolublement liés aux écosystèmes et qui sont déstabilisés par le mode de développement dominant »

Cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large qui voit la mondialisation remettre en question le monopole de l’État pour traiter des affaires communes, au profit de nouveaux acteurs, dont les intérêts et les compétences sont diversifiés, voire antagoniques. Plus que tout autre sujet, la biodiversité renvoie à une multitude de situations locales, notamment quand il s’agit de prendre en compte les savoirs et les pratiques qui lui sont liés. L’approche classique de division des responsabilités - des acteurs locaux gérant des ressources locales, des acteurs nationaux élaborant des politiques publiques et des États négociant les normes internationales – cède la place à un tissu mouvant d’acteurs variés, qui interviennent aux différentes échelles.

Les communautés autochtones et locales ont ainsi trouvé, dans les enceintes internationales, un espace pour négocier la défense de leurs modes de vie, de leurs savoirs et de leurs droits sur l’espace comme une condition de leur contribution au bien commun et au développement durable. Elles ont reconfiguré certains intérêts collectifs globaux. Ainsi, la protection de la biodiversité passe aussi par celle de modes de vie indissolublement liés aux écosystèmes et qui sont déstabilisés par le mode de développement dominant.

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Dernière modification : 01 October 2007