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le chaînon manquant
de la mondialisation

Question internationale

La rédaction

En septembre 2006 s’est tenu au siège des Nations unies à New York le Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement. Cet événement, le plus important jamais organisé sur ce thème à ce niveau, témoigne peut-être d’une nouvelle approche. Longtemps perçue comme relevant du seul domaine de la souveraineté nationale, et par conséquent trop sensible pour être abordée multilatéralement entre états, la question des migrations fait désormais l’objet de discussions à l’échelle internationale. Cette évolution est à saluer : elle signe la fin d’une situation anormale où les migrations étaient ignorées de la communauté internationale et permet d’envisager un avenir où la mobilité des personnes se ferait dans un cadre concerté et respectueux des intérêts de tous les pays concernés, ainsi que des droits des migrants.

«La croissance du nombre de migrants dans le monde, près de 200 millions aujourd’hui, montre que la mondialisation ne contribue pas seulement à l’augmentation des flux de marchandises, de capitaux ou d’informations. Elle témoigne également de l’impossibilité de parvenir à une « immigration zéro » et de l’échec des approches étroitement sécuritaires.»

Qu’il s’agisse de la fuite des cerveaux, de la traite des êtres humains par des réseaux mafieux, des tentatives désespérées des migrants de forcer les portes de l’Europe, de l’importance des transferts de fonds dans le développement des pays d’origine ou encore des difficultés d’intégration des jeunes d’origine immigrée, de nombreuses évolutions récentes ont mis en lumière l’incapacité des états à faire face seuls aux défis croissants posés par la mobilité des hommes et des femmes. La croissance du nombre de migrants dans le monde, près de 200 millions aujourd’hui, montre que la mondialisation ne contribue pas seulement à l’augmentation des flux de marchandises, de capitaux ou d’informations. Elle témoigne également de l’impossibilité de parvenir à une « immigration zéro » et de l’échec des approches étroitement sécuritaires.

Il est très probable que les migrations seront un des enjeux du XXIe siècle et il est donc urgent de repenser les politiques migratoires sur des bases plus justes et solidaires, qui permettent non seulement à tous les états de bénéficier des flux migratoires pour leur propre développement, mais aussi aux migrants eux-mêmes de vivre décemment et d’être reconnus pour ce qu’ils sont : des êtres humains dont le courage, les efforts et les capacités d’adaptation en font des acteurs essentiels d’une mondialisation équitable, cohérente et réussie.

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Dernière modification : 03 December 2008