Etats-Unis
Que faire
de la puissance ?

Que faire de la puissance ?

éditorial par la rédaction

Depuis la fin de la guerre froide, il est difficile de remettre en cause le caractère exclusif de la puissance américaine : puissance militaire sans égale, croissance économique élevée, grande vitalité démographique, intellectuelle, scientifique et technologique, etc.. On peut certes discuter de la solidité des fondations de cette domination : entre autres, un arsenal militaire « baroque », plus forcément adapté aux nouvelles menaces ; un déficit commercial élevé, qui rend les Etats-Unis économiquement dépendants du reste du monde, et un déficit budgétaire record qui réduit les marges de manœuvre des impulsions de l’Administration.

« Quelle soit jugée bénéfique ou dangereuse, la puissance américaine, dans sa capacité à définir l’agenda politique d’une manière qui oriente les préférences des autres »

Il n’empêche, la prise en compte de la puissance américaine imprègne les relations internationales. Quelle soit jugée bénéfique ou dangereuse, la puissance américaine, dans sa capacité à définir l’agenda politique d’une manière qui oriente les préférences des autres, crée un système d’attentes (unilatéralisme ou multilatéralisme ?), de critiques et de définitions (empire ou hégémonie ?). C’est là ce que nous avons souhaité discuter dans ce numéro : après avoir exploré les fondements historiques de la puissance, nous nous intéressons plus précisément aux différents dispositifs d’exercice de cette puissance (économiques, militaires, diplomatiques et stratégiques). L’idée est de relever les controverses et ambiguïtés des modes d’exercice de la primauté américaine.

En somme : que faire de la puissance ? Notamment, comment articuler ce statut unique avec les contraintes de la décision collective au sein de la communauté internationale ? Cela dans une période particulièrement troublée (mensonges d’Etat pour justifier une aventure malheureuse en Irak qui fait écho à l’enlisement vietnamien, statut de Guantanamo, pratique de la torture, restriction des libertés civiles aux Etats-Unis, etc.), où l’exercice de la puissance aura rarement été autant débattu.

Pour tenter de refléter les débats intérieurs, nous avons très largement fait appel à des contributions américaines en balayant le spectre des tendances politiques. Une manière également de reconnaître la capacité renouvelée du système intellectuel et universitaire américain à proposer et définir les termes du débat sur le système international, et bien entendu sur le rôle que les Etats-Unis entendent y jouer. Un instrument de « puissance douce » non moins efficace…

Retrouvez les thèmes liés à ce numéro dans la collection du Courrier de la planète

  • Hégémonies, économies, procédures : Quelles mondialisations ?
    69 - Hégémonies, économies, procédures
    Quelles mondialisations ?
  • Sécurité, géopolitique, expertise: Un monde plus sûr ?
    71 - Sécurité, géopolitique, expertise
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  • OMC, libéralime commercial: Promesses et incertitudes
    78 - OMC, libéralime commercial :
    Promesses et incertitudes

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Dernière modification : 14 April 2008