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62 - Recherche
agronomique internationale
Un bien public à préserver
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Un bien public à préserver
éditorial par François Lerin, rédacteur en chef.

u cours des vingt dernières années, deux tendances majeures ont affecté le système de recherche internationale orienté vers les pays en développement :
  • la première a été une sensible diminution de l'aide publique au développement, souvent jugée inefficace ou mal orientée ;
  • la seconde, qui en est partiellement le corollaire, est venue de l'idée que les acteurs publics n'étaient pas les mieux placés pour résoudre les questions posées et que l'intervention du secteur privé était nécessaire.

Ces tendances ne touchaient évidemment pas seulement la recherche agronomique internationale, mais beaucoup de secteurs d'intérêts collectifs internationaux. Or, après une longue et systématique critique des "défaillances de l'État" , c'est aujourd'hui aux "défaillances de marché" de prendre progressivement le devant de la scène.

Pourtant, malgré les faiblesses des appareils de recherche ex-coloniaux et leurs collaborations avec les dispositifs de recherche dans les pays en développement, malgré les nombreuses critiques adressées au système international de recherche mis en place à l'initiative principale des États-Unis (à l'origine de la "Révolution verte"), cet ensemble a partiellement réussi à relever les défis de l'agronomie de la deuxième moitié du XXème siècle.

Le paradoxe auquel nous sommes aujourd'hui confrontés tient en plusieurs points

  • la recherche agronomique privée est passée des mains des semenciers aux grandes firmes agro-chimiques, leaders dans la génomique. Elles forment un oligopole étroit ayant beaucoup investi dans la recherche-développement et l'achat de start-up. Leur logique principale est une logique de retour sur investissement ce qui les conduit à chercher à imposer des produits et des paquets de traitements conjoints ;

  • dans les pays en développement, une certaine croissance a accompagné les politiques de libéralisation et de désengagement de l'État. Cependant, tous les diagnostics convergent pour constater que la question de la pauvreté reste dramatique et que c'est sur elle que devrait se concentrer l'aide publique au développement ;

  • les centres internationaux de recherche agronomique (Cira) peinent à se transformer dans la phase d'incertitude intellectuelle et financière qu'ils traversent actuellement ;

  • les appareils nationaux ont du mal à redéfinir leurs objectifs, d'autant qu'on leur enjoint de plus en plus fermement de s'associer avec les privés... La réforme qu'on leur demande n'est donc pas forcément adaptée à leurs structures et compétences ;

  • reste enfin qu'en ces temps de globalisation, la communauté internationale n'a toujours pas été en mesure de fournir des objectifs et des protocoles à une recherche agronomique internationale qui doit à la fois se renouveler et réduire ses demandes de financement public.

Tout semble ainsi converger pour que le dispositif ne soit pas en mesure de répondre aux grandes questions qui lui sont posées : problèmes systémiques, aspects environnementaux, actions spécifiques vers les plus pauvres (et donc les moins solvables). La recherche agronomique internationale, coincée dans le débat public-privé, sans véritable pilotage ni objectifs stratégiques, est en train de perdre lentement et, peut-être, durablement, son statut de bien public mondial. A moins que..

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Dernière mise à jour Thursday 22 December, 2005